phase une - reflechir

  1. 1.     Une démarche stratégique ou opportuniste ?

Un certain nombre de sociétés tentent l’aventure des achats en Chine en se contentant de consulter quelques fournisseurs par mail pour obtenir des cotations ou pour réaliser un sourcing « one shot » mû par l’urgence d’une commande importante en France. Cette approche pouvant être qualifiée d’ « opportuniste », n’est évidemment pas pérenne et les fournisseurs chinois sont de plus en plus à même de faire la différence entre les benchmarks que font les entreprises françaises pour faire pression sur leurs fournisseurs traditionnels et les véritables démarches du sourcing qui vont s’inscrire dans la durée. Sous peine de recevoir des cotations peu fiables ou aussi élevées qu’en France, il convient donc de structurer sa démarche et de se rendre crédible auprès des fournisseurs chinois en concrétisant dès que possible son approche. De manière générale, la mise en place d’une relation destinée à durer sur le long terme avec les fabricants chinois s’avère souvent une condition essentielle pour qu’une opération d’achat en Chine réussisse au profit de la société étrangère.

  1. 2.      Une démarche globale d’entreprise ?

La démarche de sourcing en Chine s’inscrit donc dans un axe stratégique précis, de long terme et de gain de compétitivité, et a de fortes implications sur l’organisation de l’entreprise. Elle va en effet impacter l’ensemble des services (production, qualité, marketing, achats, bureau d’études, logistique…) et nécessiter de surmonter les freins au changement. La Chine véhicule encore bon nombre de connotations négatives : manque de qualité, délais trop longs, communication difficile etc… afin de pallier les résistances internes, il est important que la démarche soit impulsée par la direction de l’entreprise et que chaque service puisse se l’approprier.

  1. 3.      L’inopportunité du sourcing en Chine

Même si une PME est contrainte d’abaisser ses prix de revient pour rester concurrentielle en France, voire à l’export, et que la Chine lui semble un excellent choix compte tenu d’un coût de main-d’œuvre très bas, l’achat sur le marché chinois ne s’avère pas systématiquement aussi rentable que pour les grandes entreprises. Une attention particulière doit notamment être portée aux quantités d’achat, et à la part de valeur ajoutée dans la fabrication du produit.

  • PROBLEMATIQUES DE QUANTITES

Les petites quantités achetées ne permettent pas facilement d’amortir les coûts de recherche des fabricants des produits, de gestion des commandes, d’acheminement logistique, de non qualité, etc. Les tarifs proposés par les fabricants chinois ne seront pas toujours aussi intéressants qu’escomptés, sous réserve qu’ils acceptent la commande proposée. Par ailleurs, à plus forte raison s’agissant de quantités réduites, il n’est pas rare qu’en pratique, nonobstant l’accord sur un prix lors de la conclusion d’un contrat, le fournisseur chinois impose purement et simplement une variation à la hausse du prix en cours d’exécution du contrat…

De plus, la tentation est souvent grande pour les entreprises chinoises de privilégier les commandes les plus importantes, même si un accord a déjà été négocié. Le risque est alors de voir sa commande repoussée dans les plannings de fabrication et les délais de livraison non respectés. Le traitement de la commande peut également être « bâclé » ou sous-traité à un tiers et les produits livrés défectueux ou non conformes.

  • LE POIDS DES MATIERES PREMIERES

Les produits pour lesquels les matières premières constituent l’essentiel du prix de revient ne vont pas forcément dégager d’avantage concurrentiel dès lors que l’on y ajoute les coûts logistiques, la taxation douanière, l’assurance etc. Les coûts des matières premières fluctuent selon des cours mondiaux. Elles ne vont donc pas être une source de baisse des prix même si les produits sont fabriqués en Chine. Seul le coût de la main-d’œuvre sera générateur de baisse des coûts. Il faut que la part de la main-d’œuvre entrant dans le coût de revient soit significative.

  1. 4.      Un  raisonnement en coût global

De nombreux coûts doivent être pris en compte, en plus du prix d’achat du produit en sortie d’usine, qui correspondent aux différentes étapes du projet de sourcing/sous-traitance, décrites dans cet article.

Il est essentiel de se fixer des objectifs de réduction de coût précis, pour confirmer la pertinence d’une démarche d’approvisionnement en Chine.

Coût global d’un produit sourcé ou sous-traité en Chine :
Prix d’achat départ usine+ assemblage+emballage/étiquetage (si effectué par un tiers)+ coût du contrôle qualité+ frais éventuels de mise aux normes+ acheminement port/aéroport embarquement+ dédouanement export+passage portuaire/aéroportuaire au départ

+ assurance marchandise+transport principal

+ dédouanement import

+ acheminement entrepôt

+ coût du moyen de paiement si crédit documentaire

+ éventuellement, frais d’impression et de traduction des notices techniques

+ coût du stock tampon

+ frais de prestataires extérieurs (contrôle qualité, appui juridique, assistance à la négociation, traducteurs etc.)

= prix de revient final, hors coûts liés à la commercialisation et coûts éventuels de non qualité (retard de livraison, perte de production, retard de lancement de produit, perte de client,etc.)