sourcing chine controler

1. Suivre l’avancement de la production

Il est essentiel d’effectuer un contrôle rigoureux et précis.
1) Définir des objectifs de production sur des courtes périodes, vérifier régulièrement l’état d’avancement et voir comment le fabricant peut pallier les retards de fabrication.
2) Avoir une représentation physique de l’entreprise sur place pour suivre la production et effectuer régulièrement des contrôles sur site. Cette mission peut être menée par l’entreprise elle-même ou par une société spécialisée implantée en Chine et mandatée.
3) Profiter du contrôle de production sur site pour vérifier que son partenaire ne fabrique pas plus de produits que ce qui est prévu. Il peut en effet arriver qu’un excédent de production soit revendu à l’insu du donneur d’ordre. De même il convient de garder le contrôle sur les produits défectueux et les rebuts qui pourraient être écoulés localement et tenir l’image des produits et de l’entreprise.
4) Vérifier la qualité des emballages, les marquages obligatoires etc.
5) Dans le cas d’opérations de fabrication dissociés (phases de fabrication et d’assemblage, ou de phases de fabrication et d’emballage par exemple) afin de ne pas confier l’opération globale à un seul partenaire, il est nécessaire de coordonner parfaitement l’enchainement de ces différentes phases du processus de production, et de contrôle chacune de ces étapes.

Il convient de se garder une « fenêtre de sécurité » de 15 jours si possible en :

  •   Se repliant sur un affrètement express : fret aérien ou combiné maritime/aérien
  •   En créant un stock « tampon » de sécurité en France qui joue le rôle de variable d’ajustement
  • En ayant un fournisseur de « repli » en France ou dans un pays proche.

2. Un contrôle qualité indispensable

Le risque de non qualité est réel en Chine et représente en cela un maillon critique de la supplychain*. Il peut notamment découler d’incompréhensions avec le partenaire, ou d’une définition suffisante du cahier et des spécificités des produits. Le contrôle qualité sur site de la production est indispensable et doit impérativement se faire en Chine, avant l’embarquement. La plupart des exportations de Chine se font FOB (Free on Board), la marchandise est donc payée dès qu’elle quitte la Chine et il devient alors difficile de réclamer une fois qu’elle est en France…La réception de marchandises non-conformes pèse de plus sur l’organisation du donneur d’ordre, qui peut être dans l’impossibilité de livrer ses clients si le stock tampon prévu n’est pas suffisant.

Comment s’assurer que la marchandise qui part de la Chine est bien conforme au cahier des charges que l’on a défini ?
Plusieurs possibilités s’offrent aux entreprises :

  •   Se rendre soi-même sur place régulièrement car contrôler la première livraison n’est jamais suffisant. Ceci peut cependant être difficile à gérer pour une PME…
  •   Missionner une société implantée en Chine, dont c’est le rôle. Leurs prestations sont complètes et modulables : audit technique du fournisseur, suivi de prototypage, contrôle des premiers échantillons, contrôles en cours de production, contrôle des produits finis, management de la qualité, conseil, formation, certification aux normes CE, certification ISO, tests en laboratoire, tests RoHS (obligatoires pour bon nombre de produits), audit social…
  •   Etablir un Bureau de Représentation sur place pour la gestion et le suivi des achats, dont la fonction pourra cependant être plus large : animation d’un réseau d’agents ou de commerciale, contrôle qualité etc.
  •   Passer par un intermédiaire qui pourra à la fois acheter et contrôler la production. Il faut néanmoins rester vigilant sur l’intégrité des contrôleurs et des acheteurs faisant partie de la même société.

La pratique veut que l’on fasse un contrôle quantitatif sur la totalité de la production et un contrôle qualitatif sur 10% minimum de la production, soit un échantillonnage représentatif, soit sur un échantillonnage pris au hasard, soit sur certaines phases critiques du process de fabrication.

La décision d’envoi ou non de la marchandise suite à une inspection par une société spécialisée appartient en dernier lieu au donneur d’ordre, sur présentation des rapports d’inspection concernés ; la société de contrôle qualité mandatée ne saurait se substituer au chef d’entreprise pour la décision finale, sauf accord préalable particulier.
Globalement, le niveau de la qualité en Chine augmente régulièrement. De plus en plus d’entreprises sont certifiées ISO 9 001 et 14 000 et l’administration chinoise (State Technology Supervision Administration) a mis en place une politique ambitieuse pour qu’un nombre croissant de sociétés accède à un niveau de qualité aux normes internationales.
Il faut toutefois vérifier la validité des certificats car ils peuvent être faux ou ne plus être valides. Il est en effet possible que l’entreprise chinoise paye la première certification mais ne fasse pas les audits de contrôle suivants, sans pour autant retirer de ses documents commerciaux le label de certification.

3. Le reporting

Afin d’encadrer au mieux sa relation avec son partenaire, il est important de mettre en place un suivi des mises en fabrication, étapes par étapes via un reporting régulier.

Le risque social du travail en Chine

Certaines entreprises font le choix de commander un « audit social » de leurs fournisseurs, afin de détecter les risques en matière de sécurité (état et entretien des outils de production, protection des ouvriers, respect des normes…), de respect de la loi du travail et de la conformité du personnel employé avec la législation (âge minimal de travail par exemple).
Cette question se pose de façon plus critique dès lors que le partenaire sous-traite lui-même à d’autres entreprises chinoises dont on n’a pas forcément connaissance et a fortiori, quand les sous-traitants sont localisés dans d’autres zones moins développées.

*supplychain : ensemble de procédures et de logiciels permettant de gérer de façon optimale la totalité des flux physiques et des interfaces entre les différents acteurs, producteurs et fournisseurs qu’implique la fabrication d’un produit ou l’offre d’un service. Ils se basent sur les renseignements concernant la demande jusqu’aux données nécessaires à la distribution, en passant par la conception et la production.